les 13 et 14 novembre 2026 à l’Université du Mans, Journées sur la transmission des langues régionales, co-organisées par Sauvane AGNES, chercheure associée au CELTIC-BLM et secrétaire de l’association DPLO (Défense et Promotion des Langues d’Oïl). Plusieurs chercheur.es du CELTIC-BLM sont au programme !
Suite le samedi 14 novembre à 14h30 à la salle des Archives Départementales de la Sarthe (9 rue Christian Pineau).
Entrée libre et gratuite.
Texte de présentation
Actuellement, les langues régionales sont partagées entre l’apprentissage intégral de la langue dans quelques régions (Pays basque, Bretagne, etc.), et une quasi-ignorance partout ailleurs. Prenons l’exemple de quelques langues d’oïl : vous avez peut-être entendu parler (du) picard ou (du) galo, mais connaissez-vous le berrichon, le bourbonnais, le bourguignon-morvandiau, le champenois, le franc-comtois, le lorrain roman, le mainiot (parler sarthois), le normand, le poitevin-saintongeais, le wallon ?
Les personnes habitant ou visitant nos territoires ont-elles accès à leurs particularités, aux mots, aux expressions, aux histoires et aux légendes, aux accents, à l’existence même de ces langues ? Ces parlers, dans les mots de Jean-Loup Trassard, c’est « le son de la terre », « la musique du paysage » : c’est un bien commun à la fois riche et modelable, que l’on doit conserver et renouveler, c’est-à-dire transmettre.
Nous proposons une règle nouvelle et forte : sensibiliser tous les enfants de France, au moins une fois au cours de leur scolarité, aux langues de leur territoire.
Quel est l’intérêt de cette sensibilisation ? Comment la réaliser ? Des chercheurs, chercheuses, des élus, des artistes, et des pratiquants et pratiquantes des parlers locaux, ainsi que le journaliste Michel Feltin-Palas, viennent réfléchir et débattre autour de ces questions, pour construire ensemble l’avenir de nos langues.
Si l’objectif a-partisan d’une sensibilisation générale est partagé, si une demande se développe − ce que nous observons désormais, y compris chez nombre de « néo-ruraux » − si les administrations, les personnels éducatifs et les parents sont sensibilisés, alors une transmission est possible, et nos langues pourront de nouveau être vives et créatives.
Défendre et transmettre nos langues et les imaginaires qui leur sont liés, c’est affirmer que la sauvegarde de la diversité sous toutes ses formes est une urgence face à l’uniformisation du Monde. C’est aussi affirmer que toutes les langues, y compris les langues « extra-territoriales », sont une source de développement et d’épanouissement humain pour chacune et chacun, et un moyen d’éveiller la sensibilité au territoire local.
Cette sensibilité est d’autant plus nécessaire que nous devons préserver les richesses naturelles, la biodiversité, les paysages, quand les modes de vie, les écrans, les fractures sociales… érodent nos capacités d’attention et de lien : le territoire n’est-il pas la bonne maille pour réagir ? Dans cette perspective, le maintien et la transmission des langues dites « régionales » – comme dans une autre mesure celle des langues « extra-territoriales » –, ainsi que la sensibilisation des personnes à l’ensemble des langues parlées sur leur territoire, sont gages d’une ouverture à la différence, et donc de cohésion sociale.
La Journée du 13 novembre, ouverte à tous et toutes, étudiera sous plusieurs aspects le principe d’une sensibilisation générale aux langues régionales sur leurs territoires, à travers plusieurs cycles de micro-conférences et de tables-rondes. Les intervenants et intervenantes viendront ainsi témoigner et débattre autour de l’intérêt des langues d’oïl à 9h30, puis de la faisabilité d’une sensibilisation aux langues régionales dans l’espace d’oïl à 10h45. L’après-midi poursuivra la discussion sur les défis et les ressources de nos langues (ressources numériques, pratiques de transmission) à 14h30, avant d’aborder plus frontalement la question des réponses institutionnelles à apporter dans une table ronde prévue à 16h30 et réunissant des élus, dont le rapporteur de la dernière loi sur les langues régionales (2021), Paul Molac, et le constitutionnaliste Benjamin Morel.
La journée s’achèvera avec une veillée interrégionale à partir de 20h30 dans la salle de spectacle de l’Université (salle Ève) : marionnettes picardes, contes et chants en gallo, en champenois, chansons ch’ties et parlanjhes, menteries, sont entre autres au programme. Venez vivre avec nous les langues d’oïl ! L’entrée est libre, au chapeau.
Pour prolonger la dynamique de cette première journée, une conférence d’Eric Nowak, écrivain-chercheur et militant, qui portera sur un exemple de délimitation des aires linguistiques, est également prévue le samedi 14 novembre à 14h30 à la salle des Archives Départementales de la Sarthe (9 rue Christian Pineau). Entrée libre et gratuite.
Programme et inscriptions : https://framaforms.org/langues-doil-et-langues-dites-regionales-transmission-et-sensibilisation-generales-1790062365.
Contacts et informations complémentaires :
– site internet Heulâ : https://sites.google.com/view/heula-asso/accueil
– Heulâ : André Jaunay 06 71 17 44 02
– DPLO : secrétariat-dplo@etik.com
