Projet quadriennal du groupe Phi (2022-2026)

Porteuse du projet : Anne Teulade

Comité de pilotage : Gaëlle Debeaux, Audrey Giboux, Charline Pluvinet, Anne Teulade.

 

Une réflexion théorique sur les vertus et la vanité de la littérature pourrait sembler inactuelle. Le caractère intempestif du questionnement est assumé : il vise précisément à interroger la pertinence de qualités réputées anciennes et historiquement situées, à envisager à nouveaux frais leur fécondité théorique et à questionner pouvoirs et valeurs de la littérature dans une perspective résolument trans-séculaire.

Le groupe Phi a publié en 2016 un texte intitulé « Force et vertu de la fiction face à l’histoire immédiate », préface à l’ouvrage Pour un récit transnational. La fiction au défi de l’histoire immédiate, sous la direction de Yolaine Parisot et Charline Pluvinet, (Rennes, Presses universitaires de Rennes). La notion de vertu y était abordée de manière périphérique ; elle sera dans le présent projet considérée de manière plus frontale et l’idée des « vertus » de la littérature envisagée dans son extension maximale.

Nous proposons en effet d’entendre la notion de vertu dans toute sa richesse, du sens étymologique de courage et valeur de résistance, au sens médical d’efficience et aptitude à procurer un effet bénéfique, en passant par le sens moral. Il s’agira de creuser l’épaisseur de cette polysémie, sans replier la spécificité des vertus du littéraire sur des notions théoriques qui en seraient proches, mais en jouant au contraire de leurs rapprochements possibles et de leurs frontières.

Articuler vertus et vanité de la littérature suppose en outre de retourner le questionnement et de s’interroger sur les limites de l’effet pragmatique que l’on peut accorder au littéraire : faut-il nécessairement envisager la littérature à l’aune de son effectivité ? Si elle se révèle ou s’affiche vaine, sera-ce forcément une lacune et une défectuosité ? La vanité peut-elle constituer un régime voulu et intrinsèque même au littéraire ? À côté de ce couple vertus / vanité, comment penser une possible nocivité du littéraire, celle-ci est-elle le revers éventuel de son effectivité ?

 

Ce duo de termes (partiellement) antithétiques, vertu / vanité, dont toutes les connotations seront prises en compte, permet :

– des travaux sur un large empan chronologique, ne serait-ce qu’en raison des significations anciennes de ces termes ;

– une approche pluridisciplinaire (historique, philosophique, sociologique, anthropologique, écologique, etc.) des questions poétiques, sans limitation générique ;

– une perspective critique quant au rôle de la littérature en envisageant conjointement l’éloge et le procès de ses usages, ainsi qu’une analyser des discours tenus par et sur la littérature.

 

 

Calendrier 

 

2021-2022. Première année de séminaire. Mise en place théorique et notionnelle

Seront privilégiées les réflexions permettant de circonscrire la productivité théorique du couple vertus / vanité, sa proximité et ses différences par rapport à d’autres notions critiques.

 

Printemps 2022. Journée d’études. Vertus et vanité de l’écriture littéraire de l’environnement.

 

2022-2023. Deuxième année de séminaire. Vertus et vanité à l’épreuve des genres

Il s’agira de cartographier comment les genres littéraires pensent, exhibent, ou simplement supposent et génèrent leurs vertus ou la vanité de leur régime d’écriture. Les cas seront envisagés comme autant de programmations, plus ou moins ostensibles ou dissimulées, évidentes ou à déplier, de ces possibles et impossibles textuels.

 

2023-2024. Troisième année de séminaire. Perspectives artistiques et intermédiales.

La troisième année du séminaire sera consacrée aux dialogues avec les autres arts pour lesquels il sera fructueux de questionner à la fois la pertinence théorique du couple vertus / vanité et les modalités spécifiques de leur effectivité selon les régimes artistiques, par le biais de comparaisons interartistiques notamment.

 

2025. Colloque final