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Thématique :

Depuis plusieurs décennies, l’histoire, la sociologie et l’anthropologie des savoirs ont profondément renouvelé notre manière d’étudier la science. Les tournants spatial (spacial turn), pratique (practical turn) et matériel (object turn) ont ouvert des perspectives qui invitent à considérer les savoirs, non plus seulement comme des éléments abstraits et universels, mais aussi comme des productions situées, façonnées par des interactions complexes entre acteurs, milieux, pratiques et objets (Waquet, 2015; Primbault, Tortosa et Vailly, 2021). Ces tournants ont aussi contribué à élargir le spectre de définition du savoir qui, au lieu de ne renvoyer qu’à l’espace restreint de l’académie, peut s’entrevoir comme «un champ de l’expérience humaine, individuelle et collective, plus précisément comme l’ensemble des procédures mentales, discursives, techniques et sociales par lesquelles une société, les groupes et les individus qui la composent, donnent sens au monde qui les entoure et se donnent les moyens d’agir sur lui ou d’interagir avec lui» (Jacob, 2014, p. 25). Qu’ils soient scientifiques, vernaculaires, professionnels ou spirituels, les savoirs se tissent dans des contextes matériels et sociaux précis, circulent à travers des réseaux et des artefacts, se transforment au gré des échanges et s’aménagent en fonction des rapports de pouvoir. Penser en termes d’«écologie des savoirs» (Santos, 2016; Godrie, 2019), c’est appréhender cette diversité et cette variabilité du savoir comme un système vivant d’interrelations enracinées, remodelées, historicisées et mises en pratique. Car à l’image de la culture et des idées, les savoirs sont inséparables de leurs conditions sociales et techniques d’énonciation (Bert et Lamy, 2021). Le séminaire CIEQ-Tempora 2026 s’inscrit dans cette perspective et cherche à explorer les multiples formes de déploiement des savoirs et de la culture savante, dans leur acception la plus large, d’hier à aujourd’hui. Il fera dialoguer, à cette fin, des chercheur.es de l’Amérique francophone — où l’anthropologie des savoirs demeure un champ encore largement sous-exploré — et de l’Europe, notamment de France, où la littérature sur la question est plus abondante. De ces échanges, on peut espérer de belles fertilisations croisées, susceptibles d’enrichir et de diversifier les approches sur l’«écologie des savoirs». Trois axes thématiques, plus spécifiquement, seront privilégiés: L’ordinaire du savoir; Les invisibilisé.es du savoir; Les lieux et les espaces du savoir.

Organisateurs :

Marc Bergère (Tempora, Université Rennes 2) Aline Charles (CIEQ, Université Laval) François-Olivier Dorais (CIEQ, Université du Québec à Chicoutimi) Éva Guillorel (Tempora, Université Rennes 2) Pierre Lavoie (CIEQ, Université du Québec à Trois-Rivières) Marie-Laurence Raby (CIEQ, Université Laval).

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