• Christian KERMOAL, Olivier CHARLES, Georges PROVOST, L’Ours, les Ottomans et le cordon bleu. Le cahier d’arithmétique de Jacques Aurégan, paysan breton du temps des Lumières (1764-1765), Pabu, À l’ombre des mots (coll. « Histoire localisée »), 2025

Le cahier de Jacques Auregan est un exemple rare de l’apprentissage de l’arithmétique par un écolier du XVIIIe siècle. Cent-vingt pages de calculs et de dessins ont été analysées par Christian Kermoal, Olivier Charles et Georges Provost qui révèlent les modes d’enseignement de l’époque : la répétition des exercices, la connaissance des règles, la recherche de la preuve bonne. Les exercices proposés par le maître s’ancrent dans une réalité quotidienne. Ils nous donnent une vision du Saint-Brieuc des années 1764-1765. Jacques Aurégan est venu étudier depuis sa campagne lannionaise. Ses dessins posent un regard inédit sur une ville qu’il découvre : son patrimoine, ses modes de vie, ses spectacles, son ouverture à l’information et à la connaissance du monde. Les recherches menées sur Jacques Aurégan, sa famille, son ancrage paroissial, ses acquisitions foncières, expliquent l’enjeu de cet apprentissage en immersion dans un milieu francophone. Les Aurégan composent une famille importante de Ploubezre et l’éducation donnée à Jacques est destinée à acquérir les compétences d’un futur propriétaire convenancier. La Révolution en fera un véritable propriétaire. Ce destin individuel replacé dans la société du temps montre un visage dynamique de la haute paysannerie bas-bretonne capable de composer avec la religion, de lire, d’écrire, de dessiner, de s’informer, de s’instruire. Une paysannerie qui s’inscrit dans son temps et qui s’intéresse au monde. Le cahier d’arithmétique de Jacques Aurégan est une fenêtre ouverte sur la formation individuelle, sociale, politique et religieuse des notables paysans de Basse-Bretagne à quelques années de la Révolution.